Fayard

  • L'un photographe aux ambitions frustrées, l'autre pigiste payé au lance-pierre, Klein et Vasconcelos sont deux journalistes ratés. Jusqu'au jour où ils décident d'arnaquer le système en inventant de pseudo-reportages pour squatter les plus beaux hôtels du monde. C'est le début d'une cavale qui les mène de l'île de Jura à Dubaï en passant par Bakou, Bogota et fi nalement Zanzibar, où la police les retrouve morts sur une plage. Que leur est-il arrivé ? Comment se débrouillaient-ils pour escroquer leurs hôtes ? Et surtout, étaient-ils de simples voyous, des artistes d'un genre nouveau, ou les dénonciateurs d'un consumérisme aveugle ? Telles est l'énigme Klein-Vasconcelos.
    Mais derrière la satire d'un certain milieu journalistique, l'odyssée délirante de ces deux imposteurs - ou visionnaires - en pose une autre: et si nos existences n'étaient sauvées de l'absurdité qu'à condition d'être transformées en récit ?Journaliste et romancier, Thibault de Montaigu a notamment publié chez Fayard Les grands gestes la nuit (2010).

  • La fête chaque jour. C'était le rêve de tous à l'époque, quand les caves de Saint-Germain vibraient au son du jazz. Francine n'échappait pas à la règle. Or ce rêve, Antoine était en mesure de le réaliser.
    Richissime directeur d'un grand laboratoire pharmaceutique, en pleine déshérence conjugale, Antoine exauce le désir infantile de sa jeune maîtresse en fondant l'Eden-Plage à Saint-Tropez. L'ancien village de pêcheurs n'en est qu'à l'aube de son succès - et de ses excès. Filles faciles, cocktails au rhum, stars de la chanson ou du cinéma : rien ne fait défaut aux clichés que volent les photographes en embuscade. Ou plutôt si. Un manque subsiste. Une faille que vient bientôt combler la drogue.
    Sagan et Bardot ont fréquenté son club, il finira par se shooter avec les filles de Madame Claude. Comment, en dix ans à peine, un grand bourgeois devient-il le premier trafiquant d'héroïne de France ? Comment le fantasme de la fête permanente engendre-t-il la déchéance ? Ces jeunes gens qui ont choisi l'insouciance, croyant que l'on pouvait vivre sans penser au lendemain, découvrent que les lendemains ont la gueule de bois. Qu'à tout négliger, on blesse ceux qu'on aime et on se détruit soi-même.
    Si Thibault de Montaigu parvient à rendre aux années 50 et 60 leur épaisseur romanesque et dramatique, c'est qu'il s'attache à décrire Antoine avec une sensibilité presque filiale, conscient que la génération qu'il met en scène a mis la sienne au monde. Ainsi s'éloigne-t-il de l'autofiction qui caractérisait ses précédents romans tout en conservant ses thèmes de prédilection et ses obsessions d'écrivain.
    Thibault de Montaigu est né à Boulogne Billancourt le 21 décembre 1978. Diplômé de Sciences Po Paris et du Centre de Formation de Journalistes, il commence à travailler à Libération en 2003. Depuis, il collabore à de nombreuses publications (L'Optimum, L'Officiel, L'Officiel Voyages, Milk Magazine...) et a écrit un documentaire, « La légende des hommes fleurs » (France 5/Adamis Productions 2008). Les grands gestes la nuit est son troisième roman après Les Anges brûlent (2003) et Un jeune homme triste (2007).

  • Les anges brulent

    Montaigu Thibault

    • Fayard
    • 20 Août 2003

    Gosse de riche, vivant à Auteuil, très beau, champion de tennis, Justin a tout pour être heureux. Une mère à brushing, un père friqué, des copains marrants, des minettes à foison. Et pourtant, par une belle journée ensoleillée, il saute de son balcon et s'écrase, comme un ange foudroyé.
    Comment en est-il arrivé là ? Il est amoureux fou de sa cousine, Ambre. Elle cristallise son mal de vivre, une inadaptation au monde constellé de marques, d'objets inutiles, d'ambitions formatées, où il n'y a plus rien à conquérir.
    L'année du bac, contre l'ennui, Justin et sa bande tuent le temps, de soirées débiles en dragues médiocres. Ambre s'éloigne. La petite bande s'éclate plus durement. La folie frappe. Justin passe par Saint-Anne. A peine remis, il apprend qu'Ambre l'a trahi. Il n'aura jamais ses seins, jamais sa bouche. Alors il plonge, pour en finir.
    Cette jeunesse dorée, sans futur, Thibault de Montaigu la décrit avec férocité. Il ne lui passe rien, montre sa veulerie, son conformisme. Sur les parents qui l'ont engendrée, il est particulièrement dur. Les femmes jacassent, les hommes sont lâches. Justin, contre eux tous, n'a pas d'autre arme que la démence et le suicide.


    Thibault de Montaigu a vingt-quatre ans. Les Anges brûlent est son premier roman.

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