Jean-François Larralde

  • Le séjour de Picasso à Biarritz, pendant l'été 1918, eut lieu dans des conditions très particulières, celles de la fin de la guerre ; ce que l'on sait moins, c'est qu'il fut d'une grande importance pour la suite de sa carrière. Il faut s'imaginer l'étrange désordre qui régnait dans l'ancienne cité impériale, cet été-là.
    Les grands blessés étaient les nouveaux pensionnaires de quelques palaces de la ville, tous réquisitionnés et transformés en hôpitaux. Les rapatriés, poussés en chaises roulantes ou déambulant avec des béquilles, croisaient une foule cosmopolite plus habituelle, celle des étrangers de toutes nationalités, des marchands d'art, des antiquaires, des aristocrates attirés par Biarritz en raison de sa situation géographique, ses vertus thérapeutiques et balnéaires.
    Madame Errázuriz, passionnée d'art et collectionneuse, se trouvait elle aussi à Biarritz ; elle avait d'ailleurs du mal à contenir sa joie à l'idée de recevoir chez elle Pablo et Olga, en voyage de noces, le 30 juillet.
    Très amoureux d'Olga, Picasso observait avec son regard d'artiste aiguisé les changements du monde de demain, la vie sous le soleil, remarquant tout particulièrement ces costumes de bain que portaient les femmes, maillots collants sans manches, dont les jambes s'arrêtaient bien au-dessus du genou, avec un décolleté très arrondi et de simples bretelles...

  • Peintre emblématique de la scène basque, membre du groupe Gaur (avec Oteiza, Chilida, Basteretxea...), Sistiaga occupe une place de première importance dans la culture. Présente dans les plus grands musées du Pays Basque, sa peinture est basée sur la vitesse d'exécution, la vitalité, l'expressivité. Il est l'un des premiers artistes à avoir peint à la main des pellicules de film, pour des réalisations abstraites dont les originaux ont été achetés par des institutions de premier plan comme La Cinémathèque Française, le Centre Beaubourg, ou l'université d'Harvard. Sitiaga expose tout l'été à la Rotonde de Saint-Jean-de-Luz, ainsi qu'à la villa Ducontenia. Il expose dans le même temps à la Galerie Kur, en face du Kursal, à Donosti/San-Sebastian. Le catalogue est préfacé par Jean-François Larralde, cette préface étant trilingue

  • En moins d'un siècle, la peinture a subi des modifications fondamentales. Lorsque Gustave Colin s'installe au Pays basque, il fait déjà figure de « moderne » aux côtés de son maître, Camille Corot, qui vient poser son chevalet à Ciboure en 1871. Corot, précuseur de l'impressionnisme, maître internationnalement reconnu, laisse deux toiles superbes à notre souvenir.
    Avec le développement du tourisme, ce sont des vagues de voyageurs qui se succèdent, chacune avec son style propre. Naturalisme avec Whistler, symbolisme avec Redon, impressionnisme avec Regoyos ou Sorolla, fauvisme avec Marquet et Matisse, divisionnisme avec Signac, protéiforme avec Picasso, surréalisme avec Man Ray, Bauhaus avec Albers et Klee, sous influence cubiste avec Bores, expressionniste avec Motherwell...
    Tous ces peintres exposés dans les plus grands musées du monde ont, avec leur sensibilité, leur maestria, leur exigence, leurs affirmations, vécu et représenté le Pays basque qui expose dans ce livre ses métamorphoses.

  • Picasso et Olga en voyage de noces à Biarritz, chez madame Errazuriz

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